Étude comparative des critères d’évaluation esthétiques et du jugement de goût

Étude comparative des critères d’évaluation esthétique et de jugement de goût

Ce projet vise à cerner les manifestations de ce que nous appelons le jugement de goût et les critères de conception et d’appréciation esthétique dans le cadre des musiques de traditions orales. Il se focalisera sur quelques répertoires musicaux parmi les plus emblématiques des musiques du monde ; musique rituelle pygmée qui précède la chasse (République du Congo, Afrique centrale), danse de mariage bagandaise (Ouganda), berceuses et chants pastoraux d’Ouzbékistan, maqam de la tradition classique Ottomane (Turquie), pièces de gamelan kebyar (Bali) et, chants paysans de Salento (les Pouilles, Italie), les Nederlandsliedjies des chorales d’hommes du Cap …. Le choix de ces traditions repose sur une volonté de diversifier les objets d’étude et sur les connaissances des chercheurs déjà acquises à leur égard. De plus, ces musiques représentent les archétypes des diverses formes musicales traditionnelles. Il s’agira : 1) de définir les paramètres qui servent de critères pour la définition du beau dans la musique de ces sociétés ; 2) d’analyser leur nature et la façon dont ils sont catégorisés par les détenteurs de la tradition ; 3) d’établir des typologies systématiques des critères du beau dans chaque société à des fins comparatives ; 4) de corréler ces critères à l’analyse de la matière musicale faite par les chercheurs ; 5) de déterminer les plus saillants et d’émettre des hypothèses sur l’éventualité de critères esthétiques universels.

En ethnomusicologie, les traditions théoriques ont voulu que la fonctionnalité évidente des musiques de traditions orales soit souvent l’unique paradigme d’analyse et rende inappropriée toute approche fondée sur la considération de la musique comme objet d’art. L’objectif de cette recherche est de dresser une typologie des paramètres et critères qui entrent dans le jugement de goût individuel ou collectif, et de comprendre la cohérence qui les régit, au-delà de la multiplicité de leur manifestation, et enfin, de les comparer à l’échelle d’autres cultures.

Il s’agira de définir et d’analyser : 1) les formes musicales (enregistrement de chaque pièce d’un même répertoire par plusieurs musiciens différents) ; 2) la fonction qui leur est attribuée et leur place au sein de la culture, puis les conventions, les rituels, la symbolique qui leur sont attachés ; 3) la façon dont les formes musicales sont perçues par un membre de la communauté, musicien ou non, ou encore par un public plus large (modalité d’identification, jugement de valeur sur la forme ou sur les modalités d’exécution, virtuosité du musicien, fonction et/ou effet attribués à la musique, et ce, au titre des réactions individuelles et collectives attendues ; 4) a) au niveau conceptuel, le modèle formel sous-jacent des formes musicales exécutées, leur genèse, b) l’intention du créateur et ses références, elles-mêmes de diverses natures ; Il faudra documenter 5) les séances d’apprentissages, susceptibles de décomposer l’objet, de suggérer l’usage d’un vocabulaire précis relatif à l’intention, l’émotion ou la forme, et de désigner les éléments indispensables à l’identification de l’objet dans toute son épaisseur sémantique ; 6) les conduites implicites (musique, geste, attitudes, visages….).

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