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Nord-Bali : Étude structurelle, contextuelle et esthétique des musiques cérémonielles



De par les nombreuses particularités socio-historiques qui la distinguent, la région nord de Bali représente un terrain qu’il convient d’étudier en lui-même. En termes de particularités, on y retrouve notamment une importante mixité ethnique (Chinois, Arabes, Bugis) remontant à plusieurs siècles, de même qu’une part significative de population balinaise « autochtone » (précédant l’arrivée des populations hindo-bouddhiques javanaises exilées à Bali au XVe siècle). Au niveau historique, la région fut exposée à près de cent ans (1849-1942) d’influence occidentale par le biais des colons hollandais.

Les musiques de gamelan du nord présentent plusieurs caractéristiques distinctives, tendant vers une densification de la trame musicale. Les cycles mélodiques sont généralement courts et les parties ornementales particulièrement chargées. Les procédés d’exécution privilégient quant à eux les dynamiques fortes et les tempi rapides. Les cérémonies de temple de Nord-Bali relaient cette intensité au niveau rituel, présentant un portrait chargé où offrandes et décorations, processions et prières, de même que chants et musiques de gamelan abondent. Ce foisonnement apparent n’est toutefois que la partie visible d’un ordre rituel sous-jacent où prières, musiques et danses sont étroitement coordonnés.

À ce volet ethnographique et ethnomusicologique s’ajoute un axe de recherche s’inscrivant dans le cadre du projet esthétique du MCAM. Les musiques rituelles représentent l’exemple parfait d’une musique « fonctionnelle » et pourtant, on ne peut en évacuer les dimensions esthétiques. Quelle est l’intention du musicien lorsqu’il interprète une musique rituelle ? Ne tient-il compte que des entités surnaturelles à qui s’adresse souvent ce genre de musique, ou alors son auditoire humain (toujours présent) constitue-t-il un facteur important dans son interprétation ? Du côté de l’auditeur, quels effets ces musiques ont-elles chez lui ? Un « simple » être humain est-il seulement en mesure de juger l’interprétation de ces musiques ? Nombre de ces questionnements s’appliquent bien sûr à toutes musiques. Dans le cas des musiques rituelles toutefois s’ajoutent des dimensions importantes, liées à la présence du surnaturel, qui constitue en quelque sorte un deuxième pôle de réception…

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