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Nord-Cameroun : Musiques et relations interethniques



La province de l’Extrême-Nord du Cameroun se situe au carrefour de multiples langues et cultures. De nombreux conflits ont jalonné son histoire et ont donné lieu à des mouvements de population dont résulte la mosaïque ethnique et culturelle actuelle (une quarantaine d’ethnies, certaines musulmanes mais pour la plupart animistes). Au fractionnement communautaire extrême correspond naturellement une multitude de parlers ; les trois grandes familles linguistiques d’Afrique (afro-asiatique, nilo-saharien et niger-congo) se trouvent représentées.

De la situation historique et culturelle de la région résulte un imbroglio de relations entre les populations qui la peuplent et des points communs à des niveaux divers qui fondent, dans la réalité, l’identité de chacune d’elles. Le travail de recherche les concernant consiste à constituer un fonds de données ethnographiques sur les instruments principaux présents dans la région, leur facture et technique de jeu ; à restituer les modalités de catégorisation des patrimoines musicaux en relation avec leur signification symbolique; la définition du fonctionnement de la grammaire musicale au niveau explicite et implicite (à ce titre, les principales problématiques sont alors liées au phénomène de variation – l’instabilité des formes, notamment des systèmes de hauteur – et d’emprunt – versus de restitution d’un matériau étranger).

Deux autres projets ont trait aux relations entre musique et émotion et, entre autres, par ce biais, à la performance des berceuses et à la façon dont les mères communiquent et transmettent le patrimoine aux nouvelles générations.

Le croisement des données musicales, ethnographiques, linguistiques aboutit à :

  1. la hiérarchisation des données musicales pertinentes et l’articulation du sonore, du contexte et du symbolique ;
  2. la systématisation de la méthode comparatiste. Envisagée ici comme un outil d’analyse, cette méthode permet de répondre aux hypothèses concernant l’emprunt, la circulation des patrimoines, les relations entre les populations et l’histoire des contacts ;
  3. l’intégration dans la recherche musicologique de la dimension cognitive qui tente, dans ce contexte, de répondre à la question centrale du jugement culturel de pertinence en mettant au jour les structures de base des systèmes polyphoniques –notamment la relation entre la conception, la perception et l’actualisation des formes musicales – livrant ainsi les principes élémentaires des savoir-faire locaux.

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